Mardi 18 décembre 2007
La Marquise d'O. de Lukas Hemleb
La nouvelle d'Heinrich von Kleist, La Marquise d'O., portée à la scène par Lukas Hemleb, a été présentée durant un mois au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.
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Photos DR
La nouvelle d'Heinrich von Kleist, La Marquise d'O., portée à la scène par Lukas Hemleb, a été présentée durant un mois au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.
"A M...,ville importante de haute-Italie, la marquise d'O, dame d'excellente réputation, veuve et mère de plusieurs enfants, fit
savoir par la presse qu'elle était , sans savoir comment, dans l'attente d'un heureux événement , que le père de l'enfant qu'elle attendait devait se faire connaître , et que, pour des
considérations d'ordre familial, elle était prête à l'épouser ..."
Décor, costumes et lumières s'inspirent, me semble-t-il, de l'univers du peintre Gaspar David Friedrich (1774-1840). (voir l’illustration, Abbaye dans la forêt de chênes).
Un panneau coulissant mobile agrandit ou resserre à volonté l'espace scénique : de loin, dans le flou artistique d'un jeu d'ombres chinoises, le spectateur assiste à la mise à sac de la forteresse, voit errer la Marquise, écoute les potins de salon ou subit, comme l'héroïne une sensation d'écrasement.
Au sol, un dallage noir et blanc évoque un échiquier où les pièces seraient déplacées par chacun des personnages en quête d'honneur dans ce jeu de la vérité.
La sonate opus 111 de Beethoven jouée au piano ponctue cette adaptation théatrale qui oscille entre (mélo) drame et comédie, ces nuances donnent à la nouvelle beaucoup de densité.
Le tour de force de Lukas Hemleb est d'avoir restitué tel quel le texte d'Henrich von Kleist sans l'avoir réécrit, redécoupé pour le théâtre sous la forme canonique dialogues/didascalies .
Les longues phrases complexes distribuent à tour de rôle la parole : tel personnage, d'abord narrateur-témoin devient acteur et vice -versa, d'où un effet de distanciation , particulièrement pertinent pour le personnage de la Marquise observatrice effarée de son étrange état.
D'abord décontenancé par ce procédé inhabituel, le spectateur est vite conquis par la précision du jeu des acteurs, le subtil mélange du tragique et du comique, le charme du décor.
Eblouissant !
Décor, costumes et lumières s'inspirent, me semble-t-il, de l'univers du peintre Gaspar David Friedrich (1774-1840). (voir l’illustration, Abbaye dans la forêt de chênes).
Un panneau coulissant mobile agrandit ou resserre à volonté l'espace scénique : de loin, dans le flou artistique d'un jeu d'ombres chinoises, le spectateur assiste à la mise à sac de la forteresse, voit errer la Marquise, écoute les potins de salon ou subit, comme l'héroïne une sensation d'écrasement.
Au sol, un dallage noir et blanc évoque un échiquier où les pièces seraient déplacées par chacun des personnages en quête d'honneur dans ce jeu de la vérité.
La sonate opus 111 de Beethoven jouée au piano ponctue cette adaptation théatrale qui oscille entre (mélo) drame et comédie, ces nuances donnent à la nouvelle beaucoup de densité.
Le tour de force de Lukas Hemleb est d'avoir restitué tel quel le texte d'Henrich von Kleist sans l'avoir réécrit, redécoupé pour le théâtre sous la forme canonique dialogues/didascalies .
Les longues phrases complexes distribuent à tour de rôle la parole : tel personnage, d'abord narrateur-témoin devient acteur et vice -versa, d'où un effet de distanciation , particulièrement pertinent pour le personnage de la Marquise observatrice effarée de son étrange état.
D'abord décontenancé par ce procédé inhabituel, le spectateur est vite conquis par la précision du jeu des acteurs, le subtil mélange du tragique et du comique, le charme du décor.
Eblouissant !
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